Introduction aux FabLabs

Un mouvement irrépressible

N.B. : cette brève introduction n'a pas pour objectif d'être exhaustive : si vous êtes historien des techniques ou geek vous y trouverez à redire ! 

Le développement des logiciels libres (free software), théorisé dès les années 80 par Richard Stallman (entre autres), est devenu irrépressible dans les années 90, avec l'émergence de systèmes d'exploitation libres complètement fonctionnels (par exemple Linux).

Cette utopie s'est ensuite étendue au matériel sous-jacent, et sont apparus de nombreux projets Open-source hardware. On trouve désormais des plate-forme de développement électronique libres (Arduino), des ordinateurs libres (BBB), et des tentatives de créer des systèmes agricoles ou de production d'énergie open-source.

En Europe, comme pour le développement du World Wide Web, le CERN joue un rôle crucial par la définition d'une licence libre, et par le développement d'outils comme KiCAD.

Formalisation des FabLabs

Au tout début des années 2000, des membres de deux équipes du MIT (USA), le Grassroots Invention Group et le Center for Bits and Atoms, proposent de rassembler des machines pour concevoir, prototyper et produire la palette d'objets la plus large possible. 

Ils imaginent ainsi que, partout dans le monde, des communautés pourront se ré-approprier la production des biens "industriels" dont elles ont besoin, dans les domaines de l'éducation, de la santé ou de l'environnement. Ils mettent en place les premiers "Fab Lab" dans deux villages en Inde et au Costa Rica.

La conclusion de ces premières expériences est que l'infrastructure n'est pas tout : l'éducation, la formation sur le long terme sont absolument essentiels. Neil Gershenfeld met alors en place un programme de formation qui aboutit à la création de la FabAcademy. Une "FabFoundation" est également mise sur pied pour aider à la dissémination des FabLab.

A voir

Pour aller plus loin, LA conférence TED de Neil Gershenfeld



Diversité des ateliers de fabrication numérique

En Europe et en France, le développement foisonnant des espaces et des outils de conception et de fabrication numériques s'est traduit par une certaine confusion dans les termes. De nombreux espaces se revendiquent être des FabLabs, sans pour autant adhérer à la charte du M.I.T., parfois en y adhérant mais sans être liés à la FabFoundation.

La "marque" FabLab remplace souvent le terme générique "d'atelier numérique de fabrication". D'autant que ces espaces débordent de plus en plus de la fabrication. 

Pour s'y retrouver, diverses taxonomies ont été proposées. Le graphique ci-dessous est tiré de P. Troxler, OpenDesignNow :